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Article paru dans l'Action Française 2000
L'approche des échéances électorales a toujours suscité de vives discussions à l'Action française, suscitant des débats parmi ses figures les plus prestigieuses. La tradition perdure !
LES RÉCENTS résultats du Front national et la "vague bleu Marine" ont plongé la mouvance nationale dans une effervescence que la déroute électorale de 2007 semblait avoir éteinte. Les scrutins des régionales puis des cantonales sont venus conforter une remontée du parti déjà amorcée en 2009.
Poudre magique
Comme par un effet d'enchantement dont seule la poudre magique électorale a le secret, certains voient déjà Marine Le Pen comme "l'homme providentiel" qui viendra sauver la France du déclin. Et d'aucuns appellent ainsi à « l'union des patriotes », tel Paul-Marie Coûteaux du Rassemblement pour l'indépendance de la France.
Du coté des royalistes, la magie semble de nouveau faire effet et il n'est pas rare de croiser dans nos rangs des militants prêts à sacrifier leurs convictions monarchiques sur l'autel du succès mariniste. On ne peut pas demeurer indifférent à l'évolution du paysage politique. On ne peut pas non plus renvoyer, comme certains le font dans quelques cercles "ultra" qui brillent par leur apathie politique, tous les républicains dos à dos : certains, c'est une évidence, sont moins nocifs que d'autres. Cependant, il ne faut pas en tirer la conclusion que notre espoir se trouverait nécessairement dans une hypothétique "union" : autour de quoi ? de quel projet ? de quels objectifs ?
L'objectif des royalistes est de restaurer la monarchie ; ce n'est pas une finalité, c'est une première étape. Nous savons bien que les meilleures réformes, que les meilleurs gouvernements, que les meilleurs hommes que la France compte ne suffiraient pas à pallier les vices de la République. Avec un candidat républicain, nous serons toujours en désaccord sur un point fondamental : celui des institutions. À nous de le marteler : il n'y a pas, en France, de bonne République. On peut le regretter, l'Histoire y est très certainement pour beaucoup, mais c'est un fait. La République ne sait pas prévoir, elle sait à peine gouverner, elle ne sait pas décentraliser (sauf lorsqu'il s'agit de dissoudre la France dans l'Europe), elle n'arrive pas à maîtriser les flux migratoires, elle est tétanisée face à l'islam pendant que les profanations anticatholiques se multiplient.
Comment peut-on dès lors placer ses espoirs dans un candidat qui ne remet pas en cause les institutions républicaines ? S'il y en a qui peuvent se dire favorables à une monarchie mais qui n'en ressentent pas le caractère impérieux, pour qui la priorité consiste à voter pour un candidat dit "nationaliste", qu'ont-ils de réellement royaliste, hormis une touche puérile de sentimentalisme sans conséquence politique ?
Les royalistes conséquents devront, dans les mois, les années à venir, assumer l'intégralité de leur message et porter leurs couleurs. Aux élections, cela passe par soutenir et voter pour les candidats royalistes. Peu importe qu'ils obtiennent un résultat très faible (quel était celui du FN en 1974 ?), leur candidature a valeur d'un témoignage inestimable. Ne pas voter pour un candidat royaliste lorsqu'il s'en présente un pour lui préférer un candidat républicain, quelle que soit l'élection, quel qu'en soit l'enjeu, cela revient à valider directement ou indirectement la République, n'en déplaise à tous les sophistes.
L'AF au tournant
Quant à l'Action française, l'Histoire l'attend au tournant. Elle n'est pas n'importe quel mouvement : nul mieux qu'elle ne pourrait comprendre la notion de "compromis" dans l'intérêt de la France. Mais ce compromis doit être celui d'un authentique compromis royaliste, autour de ce qu'il y a de plus fondamental donc : la monarchie. Cela n'implique aucun renoncement, au contraire : il s'agit bien là d'accomplir, de donner tout son sens à ce que le maître de Martigues n'a cessé d'enseigner : le roi d'abord, « par tous les moyens, même légaux ».
En 2012, l'Alliance royale se présentera aux élections législatives. Le choix des royalistes pourra être de s'en désolidariser en se parant d'une fausse pureté intellectuelle qui ne conduit bien souvent qu'à l'isolement et à l'extinction politique accompagnés du renoncement ultime : servir de supplétif pour un hypothétique camp national qui n'a cure d'eux.
Ou alors, les royalistes choisiront de porter fièrement leurs couleurs et, par la force de leurs engagements, pourront reconquérir leur place dans l'histoire de notre pays.
Stéphane Piolenc
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